La rue Blanche à Thônes

La rue Blanche porte ce nom en rappel des Dames Blanches, les veuves des comtes de Genève qui, au début du XVe siècle, possédaient la maison seigneuriale située au bout de la rue. Le seul vestige visible aujourd’hui est une porte avec linteau en accolade et imposte, possibles rescapés du grand incendie de 1453 qui détruisit tout le centre de Thônes.

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Vues comparées du tracé de la rue Blanche en 1730, 1860 et 2014

Déjà, au début du XIXe siècle, le cimetière avait été transféré à son emplacement d’aujourd’hui. La rue Blanche doit son apparence actuelle à l’incendie du 24 octobre 1848 (16 maisons brûlées) : un nouvel alignement, en retrait, est alors décidé. Avant 1914, on y trouve la gendarmerie. Les premiers arbres sont plantés vers 1905 – 1910.

Dans la vue prise vers 1860, à l’angle du Carroz on voit l’école des filles qui vient d’être construite (1851-1853). On y installe d’abord, dès 1865, une salle d’asile (en fait une garderie pour les petits enfants de la ville). La parcelle contiguë, vide de tout édifice, est achetée en 1867-1868 pour construire un nouveau bâtiment (devis en 1870). Avec l’aide financière de Joseph Avet, un nouvel immeuble est réalisé dans la foulée : c’est l’actuel musée, qui porte encore son ancienne désignation « Asile Avet », dont la plaque a été détériorée par les bombardements de 1944. Jusque dans les années 1960, le rez-de-chaussée accueillait les enfants de la maternelle. Certains se souviennent de « la prison », un espace entre des doubles portes où les enfants les plus turbulents exécutaient leur punition !

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La rue Blanche un jour de marché

Jusqu’en 1960, le bâtiment de l’ancienne école des filles, accueillait côté rue Blanche, le syndicat d’initiative et la bibliothèque. Les anciens Thônains se souviennent de la balade vespérale qui menait à l’observation du baromètre enregistreur à aiguille, pour connaître la météo du lendemain… Le syndicat d’initiative a longtemps été tenu par Melle Héloïse Mermillod. Jusqu’en 1955, elle donnait ses textes manuscrits à Mme Simone Burnier qui les dactylographiait. En 1968 le recteur Angelloz, maire, crée la bibliothèque municipale dans un petit local de l’ancien presbytère. Elle est tenue jusqu’en 1974 par Mme Péri, puis par les sœurs Monique et Maryse Domenge jusqu’en 1991. En 1988, Madeleine Pessey remplace Monique puis succède à Maryse Domenge. Dès 1975, Les Amis du Val de Thônes occupent l’entrée et un couloir d’accès au 1 rue Blanche. En 1994 ils font exécuter, à leurs frais, les travaux qui permettront l’aménagement de l’arrière-cour, du sous-sol, et surtout de la grande salle qui verra la création du Village du Val de Thônes en maquettes, unique création de ce type en Savoie.

Clin d’œil amusant : les photographies de 1860 et 2014 montrent en bas de la rue Blanche le même bâtiment, à peine construit ou en cours de rénovation. Dans la vue ancienne, c’est la « nouvelle » école des filles. Dans la vue récente, on devine sous les grues le nouvel aménagement du « pôle culturel » qui abritera la bibliothèque, Les Amis du Val de Thônes… Et depuis octobre 2015, nous savons que s’y trouvera aussi l’office de tourisme.

Avec la construction de l’office de tourisme en 1960, place Avet (maire : Antoine Bleyon), la réouverture du musée le 20 juin 1982, après sa restructuration initiée par le maire Jacques Golliet, puis le passage de la bibliothèque au rez-de-chaussée du musée, une première page s’était tournée. Mais aujourd’hui, s’opère un véritable Retour vers le futur, version Thônes !

Monique Fillion, Stéphane Chalabi, Joël D’Odorico

n.b. : cet article a également été publié dans le bulletin municipal de Thônes paru fin 2015.

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