Le « Château » : Joseph Avet et le collège rénové de Thônes

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 2 octobre 2020 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachat » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle sera animée par Jean-François Campario, Membre des Amis du Val de Thônes et aura pour thème :
Le « Château » : Joseph Avet et le collège rénové de Thônes, les tribulations d’un grand projet

Alors que les Thônains ont exprimé (à 82%) leur attachement au « Château Avet » qui ponctue leur regard depuis les largesses de leur compatriote, il paraît souhaitable de nous remémorer l’histoire de ce bâtiment si spécial, lié dans les volontés du donateur au célèbre Collège de la Ville, dont il voulait assurer la cure de jouvence et l’ouverture pratique.

Ce voyage au long cours, ouvrant la Vallée sur l’aventure louisianaise, nous permettre peut-être d’envisager plus nettement la destination de cet édifice emblématique.

Entrée libre (masquée), invitez vos amis et connaissances, ils seront les bienvenus !

Souvenirs d’un corbillard chouchouté par ses concitoyens

En 1962, Eugène VULLIET, fabriquant des cercueils comme quelques collègues menuisiers, investit dans l’achat d’un véhicule corbillard motorisé et monte sa société de pompes funèbres. C’est la fin d’une époque.

Jadis les enterrements avaient lieu dans l’église pour les officiers du culte, et dans le cimetière entourant l’église pour les paroissiens. A partir de 1794, des règles d’hygiène ayant été instituées, un cimetière séparé fut construit à l’arrière de la rue des Clefs, et la première personne qui y fut inhumée s’appelait Etiennette SONNIER née GOLLIET. Le transport se faisait à bout de bras depuis l’église, puis vint l’utilisation du char à bras jusqu’à ce que le corbillard tiré par un cheval ne débarque en guise de modernité. Le dernier « pilote » fut Alexandre FAVRE, dit Sandre CROZET.

Petite particularité thônaine liée à la conformation des lieux : le corbillard ne pouvait passer que rue des Clefs à cause de la présence de la voûte sur l’accès arrière du cimetière ; mais sur cette rue, le convoi funéraire devait s’arrêter devant la grande porte de l’ancien collège, elle aussi trop basse, afin que le corps soit à nouveau porté à bouts de bras ; la cour du collège traversée, le cortège pouvait enfin passer sous un grand préau et accéder au cimetière. Cela amusait beaucoup les élèves, en récréation ou aux fenêtres ! Cela dura jusqu’à la démolition du collège vers 1935.

Vue de la façade arrière de l’ancien collège, avec sa porte cochère trop basse pour le corbillard

Lorsque l’on cherche des renseignements dans les délibérations des anciens conseils municipaux, on ne trouve que peu de détails, ces réunions étant des chambres d’enregistrement suite au travail (non archivé) en commissions ; en revanche, les règles de fonctionnement du corbillard, certes outil de toute première importance, s’étalent sur plus d’une page du grand livre, suite à une remise à neuf complète pilotée par la commune en septembre 1932.

Le devis proposé par Monsieur Jean FOURNIER, ferronnier, fut approuvé à l’unanimité ; le montant était de 1757 Francs, dont 680 Francs pour les 4 baldaquins et 500 Francs pour la peinture « de luxe ».
Voilà les consignes instaurées par le conseil municipal à l’occasion de cette réfection :

Le corbillard équipé de ses panaches (1) et de ses lambrequins (2)

1) Les conseillers de chaque section signaleront les arbres placés en bordure des chemins publics dont les branches gênent le passage du corbillard ; les propriétaires de ces arbres seront mis en demeure par le garde champêtre de procéder à un élagage sous peine de remboursement à la commune des frais engagés à l’exécution du travail.
2) Il y aura lieu de ne pas sortir ou de tenir à l’abri le corbillard jusqu’au jour d’une sépulture.
3) Monsieur FOURNIER, adjoint, concevra un caisson en bois afin de protéger les panaches (1). Ceux-ci ne seront arborés qu’à l’entrée de la ville. Il sera également chargé de faire installer dans le hangar du corbillard un placard avec penderie afin de remiser à l’abri des poussières les lambrequins (2) et autres garnitures en étoffe.
4) Le cantonnier de la section ville est chargé du bon entretien du corbillard. Après chaque usage, il fera sécher, brossera et rangera dans le placard ad hoc toutes les garnitures en étoffe ; il enlèvera soigneusement avec une éponge humide toutes les traces de poussière ou de boue existant sur la carrosserie. Pour cette tâche, il sera rémunéré de 5 francs par sortie du corbillard dans la commune.

Quel sérieux, quelle précision, et quel respect collectif pour les familles endeuillées !

Jacques VULLIET

Le corbillard, au musée d’arts et traditions populaires du Val-d’Arly, à Ugine

(1) Panache : assemblage décoratif de plumes flottantes. Sorte de flambeau disposé en haut et de chaque côté du corbillard,
(2) Lambrequins : étoffes pendantes et découpées en festons, souvent ornées de franges et de glands, qui décorent les ciels de lits. Il existe des lambrequins de toile, de velours ; des lambrequins à franges et à glands…

Sources :
-Revues AVT N° 13 & 19 (Y. Angelloz, M.F. Emerich & A. Veyrat – Abbé G. Accambray)
-C.R. conseil municipal du 25.09.1932
Histoire de Thônes par le Chanoine Pochat Baron.

Quand les Savoyards dominaient l’Angleterre – vendredi 6 décembre 2019

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 6 décembre 2019 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachats » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle sera animée par Christian Regat, historien et spécialiste des Pays de Savoie et aura pour thème « Quand les Savoyards dominaient l’Angleterre ».

En 1219, le comte de Savoie, Thomas Ier, maria sa fille Béatrice au comte de Provence. De ce mariage naquirent quatre filles qui, toutes, devinrent reines. Éléonore, en 1236, épousa le roi d’Angleterre Henri III.
Aussitôt, les oncles de la reine se virent confier les plus hautes charges du royaume : Guillaume de Savoie à la tête du Conseil royal ; Boniface de Savoie, archevêque primat de Cantorbéry, à la tête de l’Église d’Angleterre ; Pierre de Savoie, comte de Richmond, à la tête des armées et responsable des ports. Un grand seigneur de Tarentaise, Pierre d’Aigueblanche, fut nommé évêque d’Hereford.
Les Grandson du Pays de Vaud firent souche outre-Manche et Othon de Grandson gouverna l’Écosse, le Pays de Galles et les îles de la Manche. Un de ses neveux reçut l’évêché d’Exeter. Pierre de Champvent fut chambellan du roi et les fils du comte de Genève, Pierre et Ebal, devinrent de grands propriétaires fonciers en Irlande. Maître Jacques de Saint-Georges, architecte du comte de Savoie, passa au service du roi d’Angleterre pour fortifier le Pays de Galles.

Une vingtaine de châteaux, dont quatre classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, en témoignent encore aujourd’hui, tandis qu’à Londres le quartier de Savoie, avec sa rue de Savoie, sa chapelle de Savoie, son théâtre de Savoie, sa guilde des tailleurs de Savoie et son hôtel de Savoie, le mythique Savoy Hotel, rappelle cette époque où des princes savoyards dominaient l’Angleterre.

Entrée libre, invitez vos amis et connaissances, ils seront les bienvenus !

? Les Frères Girod : des Américains à Thônes – Vendredi 14 juin

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 14 juin 2019 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachats » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle sera animée par Jean-François Campario, Membre des Amis du Val de Thônes et aura pour thème « Les frères Girod : des Américains à Thônes« .

Grâce à des archives et documents peu explorés, il nous semble possible de retracer plus précisément l’itinéraire souvent romanesque de ces trois frères partis de Thônes en Louisiane, dont l’esprit d’entreprise et la réussite ont ouvert le plus fort courant migratoire de la Vallée vers les Amériques pendant tout le XIXe siècle. Continuer la lecture de « ? Les Frères Girod : des Américains à Thônes – Vendredi 14 juin »

Le premier apogée du duché de Savoie au XVe siècle – Vendredi 22 mars

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 22 mars 2019 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachats » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle sera animée par Gilles Carrier-Dalbion, Membre de l’Académie Florimontane et aura pour thème « Le premier apogée du duché de Savoie au XVe siècle, sous le règne d’Amédée VIII« . Continuer la lecture de « Le premier apogée du duché de Savoie au XVe siècle – Vendredi 22 mars »

1914-1918 : la vie au front et à l’arrière – Vendredi 14 décembre

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 14 décembre 2018 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachats » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle sera animée par Jean-Philippe Chesney  qui présentera un film inédit « 1914-1918 : la vie au front et à l’arrière ». Nous clôturons ainsi cette année du 100e anniversaire de la fin de ce conflit.

Ce film amateur retrace la vie d’une famille :

4 frères : 1 seul survivant. En 1918, Joseph Chesney revient du front avec 300 lettres. Cent ans plus tard, ses descendants en ont fait un film. C’est l’histoire tragique des fantassins qui est relatée : au cœur de la bataille, au fond d’une tranchée, avec la peur omniprésente. A l’arrière, en montagne, à Sallanches : c’est l’urgence. Les hommes et les chevaux partis, les anciens et les femmes se démènent.

Continuer la lecture de « 1914-1918 : la vie au front et à l’arrière – Vendredi 14 décembre »

Quatre frères émigrés aux États-Unis confrontés à la guerre de 1914-1918

Quatre frères Gaillard-Liaudon, natifs du Grand-Bornand et émigrés aux États-Unis, ont été mobilisés en 1914. Ils ont suivi quatre chemins différents, et à la fin de la guerre, un seul a repris sa vie d’avant-guerre : celle d’un émigré français à New York.

Lorsque la guerre éclate le 1er août 1914, tous les hommes âges de 20 à 48 ans sont mobilisables, y compris ceux qui ont émigré au-delà des mers. Au début du XXe siècle, quelques Bornandins (une dizaine) ont rejoint les États-Unis. Les routes migratoires ont changé par rapport au XIXe siècle : ils s’établissent désormais à New York alors en pleine croissance ou en Californie. C’est le cas de quatre frères Gaillard-Liaudon, nés au Grand Bornand entre 1877 et 1886, et émigrés entre 1905 et 1908.
Ce sont les enfants de François Gaillard-Liaudon (1848-1927) et de Marie Perrillat-Bottonet (1852-1898). Une famille particulièrement nombreuse composée de quinze enfants dont onze parvenus à l’âge adulte (5 garçons et 6 filles). Cette famille possède une propriété réduite (l’Envers des Poches) et l’été, exploite un alpage à la Duche. À la mort de leur mère, les cinq plus jeunes enfants ont moins de douze ans.

Quatre frères émigrés aux États-Unis au début du XXe siècle

Propriété réduite, famille nombreuse : les quatre fils Élie (né en 1877), Édouard (1880), Claude (1882) et François (1886) rêvent d’une vie meilleure ailleurs. À tour de rôle, ils traversent l’Atlantique.
L’aîné, Élie, vit au Mexique durant une année (28 novembre 1906 – 30 novembre 1907). Il rejoint ensuite la Californie et la ville d’Oakland. Cette ville située sur la baie de San Francisco est alors en pleine croissance. Épargnée par le séisme majeur de 1906, contrairement à son illustre cité voisine, elle accueille la moitié de la population sinistrée de San Francisco (soit 200 000 personnes) et une grande partie de ses activités économiques.

Édouard le deuxième fils, né en 1880. En 1919, après la guerre, il retourne vivre à New York. Son fils Raymond (1913-1995) a correspondu avec ses cousins français jusque dans les années 80

Édouard, le deuxième fils, arrive à New York le 19 mars 1905. Il rejoint, le 30 novembre 1907, son frère Élie à Oakland. Trois ans plus tard, en 1910, il quitte la Californie pour retourner sur la côte Est. Le troisième, Claude, s’installe à New York dès 1905 et y demeure jusqu’en 1914. Quant à François, le plus jeune, beaucoup d’incertitudes demeurent. Il effectue son service militaire à Annecy durant deux ans (novembre 1907 – septembre 1909) mais est déclaré insoumis par les autorités militaires en 1912, ayant émigré aux États-Unis sans en avoir fait la déclaration. On sait cependant qu’il vit à New York, lieu de naissance de son fils en 1913.
En 1910, New York compte cinq millions d’habitants et les frères Gaillard-Liaudon y exercent la profession de garçon d’hôtel. Trois des quatre frères se marient. Et comme souvent dans l’histoire des migrations, ils épousent des compatriotes, récemment émigrées. François fait une nouvelle fois exception puisque sa femme est belge. Quant à Claude, resté célibataire, il envisage certainement la fin de son exil. En 1913, il achète une propriété à Magland (Haute-Savoie), là où vivent deux de ses sœurs.

En 1914, trois frères sur quatre vont répondre à l’appel de la patrie

Lorsque la guerre éclate le 1er août 1914, cinq enfants Gaillard-Liaudon sont mobilisés : les quatre émigrés aux États-Unis et leur jeune frère Jean-Aimé (né en 1893) resté au Grand-Bornand. Dès l’annonce de la guerre, les trois habitants à New York s’embarquent pour la France y compris François dont l’armée avait perdu la trace. Ils se présentent à Annecy le 28 août 1914 et regagnent leur unité. Édouard et Claude sont incorporés en tant qu’artilleurs. François intègre le 30ème régiment d’infanterie d’Annecy et rejoint ainsi son jeune frère Jean-Aimé. Les épouses et les enfants traversent également l’Atlantique. La femme d’Édouard et son fils âgé d’un an s’installent à Magland chez leur belle-sœur ; celle de François et son enfant gagnent le Grand-Bornand.
Quant à l’aîné Élie, installé en Californie, il n’effectue pas le long voyage vers l’Europe et ne répond pas à l’appel de la patrie. Certainement, pensait-il que la guerre serait terminée avant qu’il n’arrive. Il est déclaré officiellement insoumis le 4 novembre 1914 et perd la nationalité française.

Élie Elie, le fils aîné né en 1877, posant avec sa femme Maria. En 1914, il n’est pas rentré en France

La Grande Guerre : blessures, mort et désertion

Comme neuf millions de Français, les frères Gaillard-Liaudon vont vivre les souffrances de cette guerre. Les plus exposés sont les deux fantassins (François et Jean-Aimé). En septembre 1915, ils participent tous les deux à la bataille de Champagne. Cette offensive que le général Joffre considérait comme l’opération principale de la campagne 1915 devait selon L’État major français entraîner la rupture du front et mettre fin à la guerre de position. La préparation d’artillerie débute le 22 septembre, l’attaque des fantassins est fixée le 25 septembre à 9h15. Les deux frères Gaillard-Liaudon sont, avec le 30ème RI, dans le secteur de Perthes-lès-Hurlus. Jean-Aimé est tué à seize heures le 25 septembre ; quant à François, il est grièvement blessé deux jours plus tard, dans le même village. Il reçoit une balle explosive à la cuisse droite. La bataille de Champagne se poursuit jusqu’au 9 octobre. La rupture du front n’a pas eu lieu, les troupes françaises ont avancé de trois à quatre kilomètres au prix de 27 851 tués, 98 000 blessés et 53 000 prisonniers.

François est hospitalisé et débute alors une longue convalescence de dix-huit mois. Le 25 mars 1917, il obtient une permission avant de réintégrer le front. Il prend alors la direction de Bordeaux, s’embarque à bord du Chicago et arrive à New York le 6 avril 1917.
Il déserte, fuit la guerre… qu’il retrouve de l’autre côté de l’Atlantique. Il arrive, en effet, à New York, le 6 avril 1917, le jour même où les États-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne. Pour François, ce sont d’autres retrouvailles. Il rejoint son épouse. Après deux années passées au Grand-Bornand, elle est retournée vivre à New-York en 1916, laissant en Haute-Savoie, son fils alors âgé de trois ans.

Claude, le troisième fils, né en 1882. A la fin de la guerre, il reste en France et se marie à Magland

Les deux autres frères effectuent toute la guerre en tant qu’artilleur. Ils sont démobilisés en février 1919. Édouard retourne à New York le 17 août 1919. Il y retrouve sa femme mais également son fils Raymond. Ce dernier, né en 1913, est revenu à New York le 1er janvier 1918. Sur la liste des passagers du bateau, il est impossible de savoir qui l’accompagnait.

Claude, le troisième frère, a été gazé en 1917 et souffre de complications pulmonaires. Pour lui, c’est la fin des voyages, il habite désormais à Magland en Haute-Savoie, il se marie en mai 1919 avec Marie-Françoise Burnier et meurt en 1940, âgé de 57 ans. Sa vie, comme beaucoup d’autres, a été écourtée par les séquelles de ses blessures.

François réapparait puis disparaît à nouveau

Alors que ses frères sont démobilisés en février 1919, le même mois, François est capturé. De retour en France, peut-être pour rechercher son fils, il est arrêté puis écroué à la maison d’arrêt d’Annecy le 3 février 1919, pour être traduit devant le conseil de guerre pour désertion. Il est dirigé sur la prison militaire de Grenoble le 14 mars et parvient à s’en évader le 31 mars. Il reprend sa vie de clandestinité et retourne une nouvelle fois aux États-Unis.

François le 4ème fils, une forte tête

Il obtient même la nationalité américaine le 26 juin 1919 au Camp Dix dans le New Jersey. Un camp militaire, créé en 1917 pour accompagner la mobilisation militaire des États-Unis et qui est devenu en 1919, un camp de transit et de démobilisation pour tous les soldats de retour d’Europe. François profite d’une loi américaine votée en 1918, qui donne la possibilité à tout étranger ayant servi dans l’armée durant le conflit de demander sa naturalisation sans preuve de résidence obligatoire de cinq ans aux États-Unis.

Au Grand-Bornand vit toujours son fils Claude, alors âgé de 6 ans. Ce jeune enfant habite au hameau du Bouchet chez sa tante Elisabeth (1878-1927), veuve depuis ses 20 ans de Jean Perrillat-Monet. C’est la mère de Pierre à Guite (1897-1976). Au recensement du Grand-Bornand de 1921, Claude, le fils de François, est la seule personne de la commune dont l’âge et le lieu de naissance ne sont pas mentionnés. Il s’agit alors d’un enfant sans papiers, fils de déserteur. Né à New York, émigré au Grand-Bornand à l’âge d’un an, il attend sans aucun doute le retour d’un père, qu’il n’a jamais véritablement connu.
François réapparaît au début de l’année 1925. Il se présente au Consulat français à New York et souhaite bénéficier de la loi d’amnistie votée en France le 3 janvier 1925. Cette loi accorde une amnistie pleine et entière pour les faits de désertion à condition que les déserteurs aient appartenu trois mois durant à une unité combattante, ou aient été blessés ou faits prisonniers et n’aient pas eu d’intelligence avec l’ennemi. Mais la demande doit être enregistrée auprès du bureau de recrutement. François traverse donc une nouvelle fois l’Atlantique et se rend à Annecy le 8 juin 1925. Il est ainsi rayé du contrôle de la désertion et laissé libre. Il donne comme lieu de résidence le village du Grand-Bornand mais revient à New York le 21 octobre 1925, sans son fils.

Au Grand-Bornand, aujourd’hui encore, la plupart des personnes interrogées au sujet de ce fils Claude évoquent qu’il aurait été abandonné par son père. Quant à François, de retour à New York, les autorités militaires le perdent de vue. Sur sa fiche matricule est indiqué en marge et au crayon papier « qu’il serait mort à New York en 1932, l’avis de décès a été demandé au ministère de la Guerre le 9 février 1932 ». Mais en 1938, lors du mariage de son fils, François alors âgé de 58 ans, est bel et bien vivant. Il réside toujours à New York, à la même adresse que celle déclarée en 1925.

Après la guerre, Élie et François n’ont plus donné de nouvelles à leur famille restée en France. Seul Édouard, retourné à New York, puis son fils Raymond ont entretenu une correspondance régulière. Chaque année et jusque dans les années 80, ils présentaient leurs vœux à leurs cousins français vivants à Magland et au Grand-Bornand. La correspondance s’est ensuite arrêtée probablement au décès de Raymond en 1995.

Jean-Philippe Chesney

Sources:

Témoignages oraux auprès des descendants : Denis Gaillard-Liaudon
Recherches effectuées par Jean-Claude Gaillard Liaudon
Archives départementales :
– Fiches matricules
– État-civil du Grand-Bornand
https://www.libertyellisfoundation.org/
Photographies : famille Denis Gaillard-Liaudon

Pour en savoir plus sur les origines de la famille Gaillard-Liaudon:

– La famille Hugon (Gaillard-Liaudon) du Grand-Bornand

Hommes et torrents dans les Bornes-Aravis – Vendredi 5 octobre

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 5 octobre 2018 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachats » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle aura pour thème : « Hommes et torrents dans les Bornes-Aravis » et sera animée par Robert Moutard, géographe. Continuer la lecture de « Hommes et torrents dans les Bornes-Aravis – Vendredi 5 octobre »

Le Bernin, père de l’art baroque

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 2 février 2018 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachats » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle aura pour thème : « Le Bernin, père de l’art baroque » et sera assurée par Christian Regat, historien et spécialiste de l’art des pays de Savoie. Continuer la lecture de « Le Bernin, père de l’art baroque »

Le dossier Jacomet

Alors que des membres des Amis du Val de Thônes travaillent au rangement  de leurs ouvrages – répertoriés au CASSS (Catalogue des Sociétés Savantes de Savoie) – dans la nouvelle bibliothèque, Salle Tournette, ils découvrent un livre dont le titre « Bernadette Soubirous » les interpelle.

Pourquoi ce livre figure-t-il dans leur collection ? Y a-t-il un lien entre Sainte Bernadette Soubirous, petite bergère de Lourdes, et le Val de Thônes, ou même Thônes en particulier ?

     – « Eh bien, vous ne croyez pas si bien dire » leur répond Jacques Vulliet. « Il y a bien un personnage-clé du procès qui…« 

Continuer la lecture de « Le dossier Jacomet »