Cette maison, bâtie vers 1840 au sommet de la rue de la Saulne à Thônes par Claude Barthélémy ANDRÉ, eut plusieurs destins différents, tout en restant proprement dit, une villa d’habitation.
Claude Barthélémy André né en 1803, (fils de Jean Maurice et Françoise Thérèse Gaÿ) avait créé une filature de tulles et coton, dans cette même rue, seul puis en partenariat avec un Duport d’Annecy. Un incendie au sein de ses ateliers vers 1853 amena la faillite de son entreprise.
Une vente est réalisée en 1855, depuis Paris, pour 15 300 £, au profit de François AGNELLET, qui avait racheté en 1860 la filature et broderie sur tulle de BALLY. Ce dernier est un membre de la famille des Agnellet confectionneurs de chapeaux de paille et feutre et négociants et fabricants de tissus et parures de luxe, actifs sur Paris et Tronchine.
En 1879, François revend ce bien à son frère Parfait, co-dirigeant de la même entreprise, pour 8000 fr dont 1 ha de terre jusqu’au Fier.
La famille Agnellet se sépare de cette propriété en 1908, au profit de Christin REY revenant de New-York, pour 8 000 fr. Il ne la gardera que 3 ans, son épouse américaine ne s’y plaisant pas. Christin Rey, né à Bellossier en 1852, était le cousin germain de Jacques, qui créa l’Hôtel du Commerce rue des Clefs et dont le fils Amédée, boucher, essuya une faillite en 1925.
En 1913, Joseph MERMILLOD-ANSELME, directeur de la jeune « coopérative agricole de la Vallée de Thônes », située rue Blanche, trouve ici le meilleur emplacement pour élargir son activité ; il souhaite y adjoindre un abattoir. La faillite de la COOP en 1925 oblige à la revente.
En 1926, Édouard POCHAT-COTTILLOUX (dit le petit Édouard), négociant en reblochons, se porte acquéreur pour 50 000 fr. Il venait d’acheter l’ancienne Pension du Villaret et créa, du côté du Nom, une allée bordée de tilleuls rejoignant par une passerelle (éphémère) les deux propriétés. Louis BOUVIER en partenariat, acquit le terrain autour de cette Villa des Tilleuls, qu’il revendit à divers acquéreurs ensuite.

Vue depuis l’arrière de la VILLA DES TILLEULS, face à la PENSION DU VILLARET. On devine la jeune allée des tilleuls (1930)
Dans cette maison de 3 étages, le rez-de-chaussée était utilisé pour demi par des écuries pour chevaux de transport du négociant de fromages, le reste étant alloué au logement de son fermier. À l’étage Pierre Pochat, fils d’Édouard, se souvient d’un grand séjour avec des fresques champêtres aux murs, que son père utilisait lors d’après-midis entre amis.
On peut remarquer des boiseries de bardage côté ouest, très finement découpées.

La VILLA DES TILLEULS en 2017 (ADMR)
Plus récemment, la maison fut divisée en appartements de rapport. Le sous-sol servit de caves d’affinage et de bureau du négoce fromager de Pierre et Henri Pochat. Dans ce secteur on rappelle la démolition en 2003 et 2010 du boulodrome et du restaurant l’Edelweiss.
L’ADMR (aide à domicile en milieu rural) s’installe en 2005 au rez-de-chaussée de cette ancienne Villa des Tilleuls ; ce local abrite en fait le SAD (service aide à domicile) et le SIAD (service infirmier aide à domicile).
Philippe SALIGER-HUDRY











