Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 17 juillet 2026 à 18h00 à l’Espace Cœur des Vallées situé 2 rue du Pré de Foire à Thônes
Elle sera animée par Stéphane Chalabi, enseignant, membre des AVT
et aura pour thème :
On l’appelait Marie pantalon…
Marie Suize nait à Thônes en 1824. Elle embarque pour la Californie au début de la ruée vers l’or. Elle travaille comme un homme, manie les armes, porte le pantalon et fait fortune ! Après avoir investi dans un ranch et dans les vignes, elle termine sa vie dans la solitude et l’oubli.
Durée : 1h15, puis place aux questions
Entrée libre, invitez vos amis et connaissances, ils seront les bienvenus !
Cette fière bâtisse avec son toit à quatre pans, autrefois encore plus pentus, sise au milieu des Plans, proche de la banlieue Est de Thônes, peut nous intriguer quant à son histoire.
Un peu en arrière-plan du Collège Saint Joseph, elle trône. Après quelques recherches sur la mappe sarde de 1730, on s’aperçoit qu’elle est notée en grange au n°1361 (dans le sens siège d’un grangeage noble) appartenant à Joseph Tavel, bourgeois d’Annecy.
Il s’entend bien que cette maison a été louée à plusieurs fermiers au cours des siècles, y stockant aussi diverses denrées payées en nature à ce seigneur.
Ces Tavel notés ainsi par raccourci, étaient les nobles Gros dit Tavel coseigneurs en Val des Clets, habitant Annecy, tenant la rente seigneuriale de la Tornette. Le siège en était la « Maison des Tornelles », située à l’emplacement du Grand Hôtel, soit chez Buffet au départ de la rue des Clefs, en ville.
Façade ouest de la maison Hudry
Suite aux rachats de ces biens féodaux après 1770 , dont celui-ci, pour partie par Joseph Cugnet de Serraval, et après quelques reventes successives, on note qu’une famille Bernard Granger en est propriétaire. Leur fille épousera en 1861, PierreHudry de Thônes (qui a été maire 6 mois), gros négociant en bovins (d’où la grande étable en arrière). La maison est ensuite vendue à son frère Joseph Hudry, père d’André.
Le bassin de 1863
On y a connu (années 1970/80) dans ce siège d’exploitation agricole, Michel à André Hudry (dits Rocantin). La famille possède toujours cette maison, par les sœurs de Michel. Certains se souviennent d’y avoir vu des peintures décoratives murales en intérieur.
Par sa démolition récente, ce bâtiment assez discret derrière sa haie de lilas, mais qui fut emblématique de la rue de la Saulne à Thônes, va désormais s’estomper dans notre mémoire. De très belles pierres en formaient le soubassement.
C’était une ancienne École libre, créée en 1889/90, bâtie et équipée par Parfait Agnellet († 1890), maire de Thônes avec plusieurs mandats. Elle compta une centaine d’élèves. Des souscriptions aidèrent à son fonctionnement. Elle fut stoppée brusquement par la fameuse loi de 1904 qui interdit en France l’enseignement congrégationniste (on l’appelait l’École des frères).
Par la suite elle fut habitée par Constant Villevieille adjoint au maire originaire de Tartonne (Htes Alpes), avec son fils Antonin (né en 1896 à Ugine) médecin vétérinaire. Le petit-fils, Gilbert partira sur Paris dans les années 1950. Ensuite on se rappelle des familles : Fillion William (boucher), puis Saléro Jean dans les années 1980, puis celle des Vichot. Plus récemment, quelques autres locataires occupèrent brièvement ces locaux devenus un peu vétustes.
Cette belle maison remarquable, située à Thônes route de Paradis, fut bâtie en 1920 par l’entrepreneur Joseph-Marie Boguet, né à Sillingy et qui était recensé en 1896 comme tailleur de pierres à La-Balme-de-Thuy. Il venait de terminer en 1913 la construction du Groupe Thurin (école primaire de la Curiaz, à Thônes) et avait aussi réalisé la Villa Sainte Marie, des fromagers Thévenet, rue Jean-Jacques Rousseau à Thônes. Il s’occupera par la suite dès 1933 de l’édification du nouveau Collège St Joseph de Thônes, aux Plans.
La Villa Roche dans les années 1920
M. Boguet a eu l’idée de se construire un hôtel avec toutes les commodités, dont un chauffage central à air. Un majestueux escalier central donnait accès aux chambres des 3 niveaux. On y trouvait aussi un garage indépendant et le magnifique parc de 3000 m2 avec de grands arbres. Plus tard, des lucarnes furent installées sur le toit.
Son épouse Marie Marand, institutrice, avait le projet de s’en occuper en famille. Mais leur fils deviendra douanier en Alsace, et leur fille et son époux M. Quelloz, ingénieur électricien originaire de Suisse, habiteront Argenteuil (78). La fille de ces derniers, épouse Djamdjan, restant propriétaire des murs, mit cette villa en gérance.
La Villa Roche, façade sud (photo P. Saliger-Hudry)
En 1943 le comte François de Menthon (résistant) étant appelé à Londres, son épouse et ses enfants habitèrent temporairement cette villa, accueillant sur place un chauffeur personnel pendant cette période.
Vers les années 50, Monsieur et Madame Bocquin venus de Rumilly, y tiendront un « home d’enfants » qui s’appellera désormais « les Mésanges ». Leurs deux filles seront connues, sous de gentils surnoms comme Youyou (Yvette), qui s’occupera de l’enseignement, pendant que sa sœur Monette (Monique) s’affairera aux cuisines. On se souvient qu’elles sont restées célibataires, avec néanmoins quelques amoureux plus ou moins éconduits.
Le home d’enfants puis gîte « Les Mésanges », façade nord (photo P. Saliger-Hudry)
Dans les années 70 on évoque d’autres gérants : Mesdames Monsouki, Porte et Carlevant ensemble ; puis la société Oxygène venue de St-Jean-de-Sixt, avec un aménagement du garage adjacent en appartement vers 2008.
Plus récemment à partir de 2012, M. et Mme Laforce, qui adhèrent aux Gites de France ; eux même logeant dans l’appartement indépendant (ancien garage). Ils sont remplacés par le couple Glass depuis avril 2025.
La Villa Roche, façade est (photo P. Saliger-Hudry)
Philippe Saliger-Hudry, avec des témoignages de Mme Marie-Jo Dufournet, de Mme D’Odorico et de Mme Laforce.
Cette maison, bâtie vers 1840 au sommet de la rue de la Saulne à Thônes par Claude Barthélémy ANDRÉ, eut plusieurs destins différents, tout en restant proprement dit, une villa d’habitation.
Claude Barthélémy André né en 1803, (fils de Jean Maurice et Françoise Thérèse Gaÿ) avait créé une filature de tulles et coton, dans cette même rue, seul puis en partenariat avec un Duport d’Annecy. Un incendie au sein de ses ateliers vers 1853 amena la faillite de son entreprise. Une vente est réalisée en 1855, depuis Paris, pour 15 300 £, au profit de François AGNELLET, qui avait racheté en 1860 la filature et broderie sur tulle de BALLY. Ce dernier est un membre de la famille des Agnellet confectionneurs de chapeaux de paille et feutre et négociants et fabricants de tissus et parures de luxe, actifs sur Paris et Tronchine. En 1879, François revend ce bien à son frère Parfait, co-dirigeant de la même entreprise, pour 8000 fr dont 1 ha de terre jusqu’au Fier.
La famille Agnellet se sépare de cette propriété en 1908, au profit de Christin REY revenant de New-York, pour 8 000 fr. Il ne la gardera que 3 ans, son épouse américaine ne s’y plaisant pas. Christin Rey, né à Bellossier en 1852, était le cousin germain de Jacques, qui créa l’Hôtel du Commerce rue des Clefs et dont le fils Amédée, boucher, essuya une faillite en 1925.
En 1913, Joseph MERMILLOD-ANSELME, directeur de la jeune « coopérative agricole de la Vallée de Thônes », située rue Blanche, trouve ici le meilleur emplacement pour élargir son activité ; il souhaite y adjoindre un abattoir. La faillite de la COOP en 1925 oblige à la revente.
En ce 12 juin 2024, une douzaine d’Amis du Val de Thônes étaient réunis pour accueillir et honorer la mémoire de la famille de Jean Joseph Avet Criquin du Montremont, parti au milieu du 19e siècle.
Notre président Stéphane Chalabi leur a réservé un accueil authentique, sincère et fin comme il en a le secret, passant du français à l’anglais sans difficulté. Philippe Saliger Hudry, très discret mais pragmatique, leur a offert ses recherches sur les familles Avet et notamment une généalogie fort intéressante pour Mary et Steven : les descendants Avet Criquin.
Philippe Gallay s’est plié à l’exercice périlleux d’un discours en anglais : il a rendu hommage à James, le père de Mary qui lui a permis en 1995 d’accéder à des archives conservées aujourd’hui au sein de notre association et qui sert aux chercheurs des « Anglais de Thônes ».
Nous avons eu ensuite la chance d’avoir Christian Clavel, maitrisant à merveille l’anglais, qui leur a fait découvrir notre salle des maquettes.
Cette rencontre, forte en émotion pour Mary et sa famille, se termina autour d’un verre de l’amitié, préparé par notre amie Danielle Vulliet. S’en est suivi une visite guidée de l’église de Thônes par Nicole Lauria.
Un grand merci aux Amis du Val de Thônes qui savent conserver et faire vivre avec passion le patrimoine de notre vallée.
Pour prolonger votre lecture : un aperçu du travail de Philippe Saliger Hudry sur Les Avet de Thônes
Ancienne maison de campagne des notaires Trombert, obtenue à vil prix pendant la révolution, par le fameux Jacques Antoine Girod (1758-1832) très révolutionnaire (frère du Maire de la Nouvelle Orléans élu en 1812 et 1814). Ce sinistre personnage avait déjà acquis les moulins de Tronchine de l’autre coté de la route. Il y fit certainement des aménagements, peut-être même un agrandissement qui lui donna la forme qu’on connaît de nos jours. Elle fut revendue vers 1833 à Atrux (Granti) Pierre (ca 1789 – 1868), c’est son fils marchand de farines à Paris qui la baptisa « la Villa des Sources ». La veuve de son petit-fils Hyacinthe qui habitait Paris la revend en 1920 à Paul Beguin. C’était un industriel en métallerie en région parisienne (né en 1876 à Chauny 02), et était vacancier depuis plusieurs années à l’Hôtel du Fier de Thônes ; il en fit sa résidence secondaire. Les Beguin, sans lien avec la région, malgré une homonymie, la possèdent toujours, en indivision entre plusieurs petits enfants, et reste un pied-à-terre d’été. On rappelle que Monsieur Atrux avait prêté ce bâtiment en 1860/61 pour accueillir les élèves du Collège de Thônes pendant des travaux au sommet de la rue des Clefs.
C’est un espace situé à la limite de l’enceinte du XVIe siècle, prolongé d’un terrain non loin du Nom, donc menacé. Elle doit son appellation à sa forme de terre-plein quadrangulaire1, entre le chemin du pont et la porte du couchant [voyez le plan de 1779]. Au XVIIIe siècle, elle est fermée de trois côtés par des maisons ; au milieu, une fontaine toute simple et, vers la porte dite « de Cier » ou du Carroz, elle ouvre encore sur des masures, des courtils et un chemin qui mène à Tronchine par un pont de bois.
Fig. 1 Jusqu’à la fin des années 1960, le bourg est entouré de nombreux jardins. Ici, on repère le nouveau cinéma et la partie orientale de Thônes, avant le percement de la rue J.-J. Rousseau (1957) – Fonds A.V.T.
Fig. 2 Vue Générale de Thônes
Fig. 2 Dans les années 1950, la séparation entre le bourg et la campagne est encore marquée. On remarque au premier plan le groupe scolaire (achevé en 1913) et, sur la gauche, le nouveau lotissement des Besseaux – Fonds A.V.T.
Fig. 3 Vue Générale de Thônes
Fig. 3 Thônes avant 1957. Les champs sont encore nombreux et travaillés. Des extensions sont pourtant déjà en cours entre le Nom et le Fier, dans le quartier de la gare et, non visibles ici, vers les Perrasses – Fonds A.V.T.
Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 2 octobre 2020 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachat » située au-dessus de leur local d’exposition.
Elle sera animée par Jean-François Campario, Membre des Amis du Val de Thônes et aura pour thème : Le « Château » : Joseph Avet et le collège rénové de Thônes, les tribulations d’un grand projet