Par sa démolition récente, ce bâtiment assez discret derrière sa haie de lilas, mais qui fut emblématique de la rue de la Saulne à Thônes, va désormais s’estomper dans notre mémoire. De très belles pierres en formaient le soubassement.
C’était une ancienne École libre, créée en 1889/90, bâtie et équipée par Parfait Agnellet († 1890), maire de Thônes avec plusieurs mandats. Elle compta une centaine d’élèves. Des souscriptions aidèrent à son fonctionnement. Elle fut stoppée brusquement par la fameuse loi de 1904 qui interdit en France l’enseignement congrégationniste (on l’appelait l’École des frères).
Par la suite elle fut habitée par Constant Villevieille adjoint au maire originaire de Tartonne (Htes Alpes), avec son fils Antonin (né en 1896 à Ugine) médecin vétérinaire. Le petit-fils, Gilbert partira sur Paris dans les années 1950. Ensuite on se rappelle des familles : Fillion William (boucher), puis Saléro Jean dans les années 1980, puis celle des Vichot. Plus récemment, quelques autres locataires occupèrent brièvement ces locaux devenus un peu vétustes.
Ce patronyme originaire des Villard-sur-Thônes était à l’origine un sobriquet donné aux GIRODAIN. Philippe Saliger-Hudry nous présente ici son histoire et les branches qui en ont découlé.
Ce patronyme originaire du Sappey à Thônes est très ancien puisqu’il y est apparu dès 1330. Philippe Saliger-Hudry nous présente ici son histoire et les branches qui en ont découlé.
Cette belle maison remarquable, située à Thônes route de Paradis, fut bâtie en 1920 par l’entrepreneur Joseph-Marie Boguet, né à Sillingy et qui était recensé en 1896 comme tailleur de pierres à La-Balme-de-Thuy. Il venait de terminer en 1913 la construction du Groupe Thurin (école primaire de la Curiaz, à Thônes) et avait aussi réalisé la Villa Sainte Marie, des fromagers Thévenet, rue Jean-Jacques Rousseau à Thônes. Il s’occupera par la suite dès 1933 de l’édification du nouveau Collège St Joseph de Thônes, aux Plans.
La Villa Roche dans les années 1920
M. Boguet a eu l’idée de se construire un hôtel avec toutes les commodités, dont un chauffage central à air. Un majestueux escalier central donnait accès aux chambres des 3 niveaux. On y trouvait aussi un garage indépendant et le magnifique parc de 3000 m2 avec de grands arbres. Plus tard, des lucarnes furent installées sur le toit.
Son épouse Marie Marand, institutrice, avait le projet de s’en occuper en famille. Mais leur fils deviendra douanier en Alsace, et leur fille et son époux M. Quelloz, ingénieur électricien originaire de Suisse, habiteront Argenteuil (78). La fille de ces derniers, épouse Djamdjan, restant propriétaire des murs, mit cette villa en gérance.
La Villa Roche, façade sud (photo P. Saliger-Hudry)
En 1943 le comte François de Menthon (résistant) étant appelé à Londres, son épouse et ses enfants habitèrent temporairement cette villa, accueillant sur place un chauffeur personnel pendant cette période.
Vers les années 50, Monsieur et Madame Bocquin venus de Rumilly, y tiendront un « home d’enfants » qui s’appellera désormais « les Mésanges ». Leurs deux filles seront connues, sous de gentils surnoms comme Youyou (Yvette), qui s’occupera de l’enseignement, pendant que sa sœur Monette (Monique) s’affairera aux cuisines. On se souvient qu’elles sont restées célibataires, avec néanmoins quelques amoureux plus ou moins éconduits.
Le home d’enfants puis gîte « Les Mésanges », façade nord (photo P. Saliger-Hudry)
Dans les années 70 on évoque d’autres gérants : Mesdames Monsouki, Porte et Carlevant ensemble ; puis la société Oxygène venue de St-Jean-de-Sixt, avec un aménagement du garage adjacent en appartement vers 2008.
Plus récemment à partir de 2012, M. et Mme Laforce, qui adhèrent aux Gites de France ; eux même logeant dans l’appartement indépendant (ancien garage). Ils sont remplacés par le couple Glass depuis avril 2025.
La Villa Roche, façade est (photo P. Saliger-Hudry)
Philippe Saliger-Hudry, avec des témoignages de Mme Marie-Jo Dufournet, de Mme D’Odorico et de Mme Laforce.
Ce patronyme originaire de La Clusaz a donné de nombreuses familles aux surnoms et sobriquets variés. Philippe Saliger-Hudry nous propose ici plusieurs pistes pour les expliquer et nous raconte l’histoire de ce patronyme.
Cette maison, bâtie vers 1840 au sommet de la rue de la Saulne à Thônes par Claude Barthélémy ANDRÉ, eut plusieurs destins différents, tout en restant proprement dit, une villa d’habitation.
Claude Barthélémy André né en 1803, (fils de Jean Maurice et Françoise Thérèse Gaÿ) avait créé une filature de tulles et coton, dans cette même rue, seul puis en partenariat avec un Duport d’Annecy. Un incendie au sein de ses ateliers vers 1853 amena la faillite de son entreprise. Une vente est réalisée en 1855, depuis Paris, pour 15 300 £, au profit de François AGNELLET, qui avait racheté en 1860 la filature et broderie sur tulle de BALLY. Ce dernier est un membre de la famille des Agnellet confectionneurs de chapeaux de paille et feutre et négociants et fabricants de tissus et parures de luxe, actifs sur Paris et Tronchine. En 1879, François revend ce bien à son frère Parfait, co-dirigeant de la même entreprise, pour 8000 fr dont 1 ha de terre jusqu’au Fier.
La famille Agnellet se sépare de cette propriété en 1908, au profit de Christin REY revenant de New-York, pour 8 000 fr. Il ne la gardera que 3 ans, son épouse américaine ne s’y plaisant pas. Christin Rey, né à Bellossier en 1852, était le cousin germain de Jacques, qui créa l’Hôtel du Commerce rue des Clefs et dont le fils Amédée, boucher, essuya une faillite en 1925.
En 1913, Joseph MERMILLOD-ANSELME, directeur de la jeune « coopérative agricole de la Vallée de Thônes », située rue Blanche, trouve ici le meilleur emplacement pour élargir son activité ; il souhaite y adjoindre un abattoir. La faillite de la COOP en 1925 oblige à la revente.
23ème nom le plus porté en France et largement répandu dans les pays francophones, de part son étymologie désignant la maison proche d’un pont, Philippe Saliger-Hudry nous explique les différentes branches des DUPONT de la vallée, et surtout nous révèle le pont dont il est question.