Le « Château » : Joseph Avet et le collège rénové de Thônes

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 2 octobre 2020 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachat » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle sera animée par Jean-François Campario, Membre des Amis du Val de Thônes et aura pour thème :
Le « Château » : Joseph Avet et le collège rénové de Thônes, les tribulations d’un grand projet

Alors que les Thônains ont exprimé (à 82%) leur attachement au « Château Avet » qui ponctue leur regard depuis les largesses de leur compatriote, il paraît souhaitable de nous remémorer l’histoire de ce bâtiment si spécial, lié dans les volontés du donateur au célèbre Collège de la Ville, dont il voulait assurer la cure de jouvence et l’ouverture pratique.

Ce voyage au long cours, ouvrant la Vallée sur l’aventure louisianaise, nous permettre peut-être d’envisager plus nettement la destination de cet édifice emblématique.

Entrée libre (masquée), invitez vos amis et connaissances, ils seront les bienvenus !

Quand les Savoyards dominaient l’Angleterre – vendredi 6 décembre 2019

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 6 décembre 2019 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachats » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle sera animée par Christian Regat, historien et spécialiste des Pays de Savoie et aura pour thème « Quand les Savoyards dominaient l’Angleterre ».

En 1219, le comte de Savoie, Thomas Ier, maria sa fille Béatrice au comte de Provence. De ce mariage naquirent quatre filles qui, toutes, devinrent reines. Éléonore, en 1236, épousa le roi d’Angleterre Henri III.
Aussitôt, les oncles de la reine se virent confier les plus hautes charges du royaume : Guillaume de Savoie à la tête du Conseil royal ; Boniface de Savoie, archevêque primat de Cantorbéry, à la tête de l’Église d’Angleterre ; Pierre de Savoie, comte de Richmond, à la tête des armées et responsable des ports. Un grand seigneur de Tarentaise, Pierre d’Aigueblanche, fut nommé évêque d’Hereford.
Les Grandson du Pays de Vaud firent souche outre-Manche et Othon de Grandson gouverna l’Écosse, le Pays de Galles et les îles de la Manche. Un de ses neveux reçut l’évêché d’Exeter. Pierre de Champvent fut chambellan du roi et les fils du comte de Genève, Pierre et Ebal, devinrent de grands propriétaires fonciers en Irlande. Maître Jacques de Saint-Georges, architecte du comte de Savoie, passa au service du roi d’Angleterre pour fortifier le Pays de Galles.

Une vingtaine de châteaux, dont quatre classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, en témoignent encore aujourd’hui, tandis qu’à Londres le quartier de Savoie, avec sa rue de Savoie, sa chapelle de Savoie, son théâtre de Savoie, sa guilde des tailleurs de Savoie et son hôtel de Savoie, le mythique Savoy Hotel, rappelle cette époque où des princes savoyards dominaient l’Angleterre.

Entrée libre, invitez vos amis et connaissances, ils seront les bienvenus !

? Les Frères Girod : des Américains à Thônes – Vendredi 14 juin

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 14 juin 2019 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachats » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle sera animée par Jean-François Campario, Membre des Amis du Val de Thônes et aura pour thème « Les frères Girod : des Américains à Thônes« .

Grâce à des archives et documents peu explorés, il nous semble possible de retracer plus précisément l’itinéraire souvent romanesque de ces trois frères partis de Thônes en Louisiane, dont l’esprit d’entreprise et la réussite ont ouvert le plus fort courant migratoire de la Vallée vers les Amériques pendant tout le XIXe siècle. Continuer la lecture de « ? Les Frères Girod : des Américains à Thônes – Vendredi 14 juin »

Le premier apogée du duché de Savoie au XVe siècle – Vendredi 22 mars

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 22 mars 2019 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes, dans la salle des « 2 Lachats » située au-dessus de leur local d’exposition.

Elle sera animée par Gilles Carrier-Dalbion, Membre de l’Académie Florimontane et aura pour thème « Le premier apogée du duché de Savoie au XVe siècle, sous le règne d’Amédée VIII« . Continuer la lecture de « Le premier apogée du duché de Savoie au XVe siècle – Vendredi 22 mars »

Histoire(s) de la Savoie au XXe siècle

Les Amis du Val de Thônes vous invitent à leur prochaine causerie, qui aura lieu le vendredi 1er décembre 2017 à 20h00 au 1 rue Blanche à Thônes dans la salle des « 2 Lachat » située au-dessus de leur local d’expositions.
Elle aura pour thème : « Histoire(s) de la Savoie au XXe siècle » et sera assurée par Esther Deloche, Docteur en histoire et membre des Amis du Val de Thônes.

Continuer la lecture de « Histoire(s) de la Savoie au XXe siècle »

De Halloween à Chalende : traditions d’hier et d’aujourd’hui…

Voici peu, de petites sorcières et autres fantômes sont venus quémander bonbons et friandises à la nuit tombée et nous ont gratifiés d’un « Que la chance soit avec vous », lorsque notre générosité les a satisfaits. Ouf, nous avons échappé au mauvais sort jeté ! Réminiscence de traditions celtes, cet Halloween médiatique et commercial nous est venu d’Amérique, tout comme le Père Noël de Coca-Cola après la seconde Guerre mondiale. Remontons le temps.
Les Celtes faisaient commencer leur année à Samain, le premier novembre, notre Toussaint. Ce que rappellent Halloween, All Hallows Eve qui signifie the eve of All Saints’ Day en anglais contemporain soit « la veille de la Toussaint », et le « Jour des Morts » ou les « Défunts » dans nos calendriers d’aujourd’hui. Au solstice d’hiver, les Celtes célébraient Aguianeu, quelque peu abusivement traduit par : « An gui l’an neuf ». Ce jour-là, les druides coupaient le gui dans les chênes rouvres avec une serpe d’or. Nous savons tous que Noël est venu se substituer à toutes ces antiques croyances païennes et que seul le sapin de Noël demeure en vestige d’une tradition germano-scandinave lentement christianisée tout au long du Moyen-Âge et généralisée à la fin du XVIIIe siècle.

Quid de Chalende ? Ce mot qui signifie Noël, vient du latin calendae qui indiquait le premier jour du mois dans le calendrier romain. C’était le jour où se réglaient les dettes, les affaires en cours. Ainsi vouloir les régler aux calendes grecques signifiait ne jamais le faire, puisque les calendes Grecques n’ont pas existé ! Chalende fut donné au premier jour de l’année qui varia beaucoup au fil du temps. L’année n’a pas toujours commencé le 1er janvier. Selon les régions, on commençait plutôt à Noël ou plutôt à Pâques. Dans les États de Savoie même, si le sud de la Province commençait plutôt à Noël, comme la région de Lyon, le Chablais, le Pays de Vaud, le Val d’Aoste, le Piémont préféraient Pâques.

Chalende, Chalande, est aussi un nom de famille. Le Dictionnaire des noms de famille de Savoie, de Robert Gabion, précise que cela signifie Noël, en Savoie du nord et Suisse Romande. Si le nom de famille se situe bien dans cette région, le nom de la fête de Noël en dérivé de Chalende est plus largement répandu, jusqu’à la limite sud de l’aire du francoprovençal, le pays de La Mure, où il côtoie Noyé pour Noël qui lui vient du latin natalis = natal, fête de la naissance du Christ, le 25 décembre.

Je dois à Lina Coudray, professeur émérite et membre des Amis du Val de Thônes, les différentes prononciations de Chalende, écrites ici avec la graphie de Conflans qui souligne la syllabe tonique. Mais seule l’oralité donnera le son exact !
Ainsi, suivant le lieu, la règle donne :

  • Pour le ch français : s – sh – ts – st
  • an, en, se prononcent parfois comme en français mais le plus souvent en ‘en – in – ïn – ein

Petit tour de Savoie :

  • S – Salendè : Tignes
  • Sh – prononcer comme th en anglais dans thing, langue contre les incisives :
    • Shalendè Thônes, Annecy, Leschaux, La Balme de Sillingy …
    • Shalandè : Entremont en Chartreuse, les pays de La Mure (où shalanda, shalandè voisinent avec noyé)
    • Shalïndè : Macôt,
  • Ts – Tsalendè : Moûtiers, les Allues (Tarentaise)
    • Tsalïndè : Montvalesan, Peisey
    • Tsaleindè : Evolène
    • Tsalendrè : La Mure
  • St – Stalendè : Albertville, Marthod, Val d’Arly

Noël, quelle que soit la façon de le dire, c’est aussi le temps des agapes. Jadis on cuisait du pain plus blanc qu’à l’ordinaire, les épognes doraient après la grande fournée et on faisait les douceurs traditionnelles en blanc et or : gâteau de Savoie et œufs à la neige. Aujourd’hui encore, manquer à la tradition des rissoles serait faillir ! Oublier le cardon aussi ! Et la bûche ! Et les oranges et le chocolat ! Souvent plusieurs desserts et les bonnes bouteilles gardées pour la circonstance, jusqu’à l’Epiphanie qui clôturera ce temps de bombance avec les galettes des Rois, à la frangipane, comme à Paris, ou avec une couronne aux fruits confits, comme en Provence. La gastronomie locale chante comme notre patois, en francoprovençal.

Joyeux Noël à tous.

Monique Fillion

Si vous souhaitez respecter la tradition de Noël, retrouvez la recette des rissoles en images

Pour en savoir plus sur la cuisine de fête en val de Thônes, reportez-vous à notre publication :
N°22 : Cuisines et Recettes du Pays de Thônes

Les Poilus ne sont pas rentrés chez eux en novembre 1918

Le 11 novembre 1918 marque la fin d’une tragédie. Rares sont aujourd’hui les personnes à se rappeler cet évènement majeur.
Henriette Binvignat, la doyenne des Clefs née le 6 décembre 1911, est l’une d’elles. Lors de son centenaire en 2011, elle évoquait encore cette journée qui l’a tant marquée :

J’avais presque 7 ans et j’habitais avec ma mère au Cropt, dans la ferme à côté de la chapelle (aujourd’hui le restaurant « Le chalet d’en ô »). En début d’après-midi, les gendarmes de Thônes sont passés en vélo, ils ont crié à ma mère que c’était la fin de la guerre, qu’il fallait faire sonner les cloches de la chapelle. Ils sont allés jusqu’au Bouchet annoncer la bonne nouvelle. Et lorsqu’ils sont repassés au Cropt, la nuit était presque tombée, ils ont été surpris que les cloches ne sonnent plus. Ils nous ont dit qu’il fallait encore les faire sonner. Mon grand père faisait du bois au-dessus du village avec de nombreux voisins. Lorsqu’ils ont entendu les cloches, ils ont tout de suite compris et ont posé les outils. Certains, comme mon futur mari qui avait alors 17 ans sont descendus à Thônes. Il parait qu’il y avait une de ces foires…

L’armistice n’est pas la fin de la guerre

Numériser0010
Le 230° RI d’Annecy, constitué en majorité de Haut-Savoyards, a perdu 1.392 hommes durant la guerre

L’armistice, s’il signifie la fin des combats, ne signifie pas la fin de la guerre. Et les soldats ne sont pas rentrés. L’un de ces poilus est en permission chez lui, au Reposoir, le 11 novembre. A son compagnon de tranchée habitant Sallanches, il écrit qu’il est reparti le 17 novembre mais que cette fois-ci, cela ne lui a rien fait parce qu’il était sûr de rentrer. Dans sa lettre suivante, pour Noël 1918, il raconte qu’en un mois, il a marché plus de 200 km. Il faut bien occuper les hommes alors que les combats sont terminés.
Épisode encore peu connu de la guerre de 1914-1918, les hommes après le 11 novembre, sont retournés en caserne, tout en respectant une discipline militaire stricte. L’un de ces soldats, habitant Pontarlier, croise l’un de ses officiers à la fin du mois de novembre et lui dit « Mon capitaine, si nous avons gagné la guerre, ce n’est pas grâce à vous ». La logique militaire est implacable : conseil de guerre, condamnation à mort. Dans sa lettre, retrouvée à Pontarlier en 1998, le soldat écrivait à ses camarades et reconnaissait « que cette fois-ci, je suis vraiment dans de sales draps ». Mais on ne sait pas si la sentence a été exécutée.
Même les prisonniers, très nombreux durant cette guerre, une fois libérés n’ont pas été démobilisés. Rentrés pour la plupart en décembre 1918, après pour certains 4 ans de détention, ils ont pu profiter d’un mois de permission dans leur famille. Jean Perrillat-Boiteux du Grand-Bornand (captif du 18 juillet 1915 au 20 décembre 1918) a été nommé à partir du mois de mars 1919, garde-frontière à Annemasse. D’autres ont tout simplement regagné leur caserne. Le 230e RI d’Annecy, a effectué une longue série de marche durant trois semaines (25 novembre-14 décembre). Il a ensuite gagné l’Alsace nouvellement libérée et surveillé la frontière suisse.

Les derniers Poilus sont rentrés en octobre 1919

Il existe plusieurs raisons sur le fait que les soldats sont restés mobilisés. La première est qu’il était difficile de rendre immédiatement à la vie civile 9 millions de soldats. Si cela était encore possible dans le monde rural (près de la moitié des Poilus sont des cultivateurs), c’était beaucoup plus difficile pour l’industrie d’intégrer tous ces travailleurs. De plus, les politiciens français ont vu avec inquiétude les mouvements sociaux et révolutionnaires dans les pays vaincus (Hongrie, Bavière, Berlin…) animés en grande partie par les soldats démobilisés.
Mais la raison principale est le fait que la France considérait que la paix avec l’Allemagne n’était pas signée. En guise de pression, elle a conservé ses troupes mobilisées durant les négociations qui ont abouti au traité de Versailles en juin 1919. La plupart des soldats ont été rendus à la vie civile après cette date. La démobilisation était progressive et s’effectuait en fonction de la classe. Le lieutenant colonel Lourdel qui dirigeait depuis 1917 le 230e Régiment d’Infanterie d’Annecy, dans l’historique du bataillon, exprime « un regret souvent formulé pendant les derniers mois du régiment. Malgré la joie infinie du retour au foyer, il y eut quelque chose de fastidieux et d’un peu irritant dans ces démobilisations partielles où, par petits paquets anonymes, les soldats partaient perdus au milieu du train-train de chaque jour »[1].

Les derniers ont regagné leur foyer en septembre et octobre 1919, soit plus de dix mois après la fin des combats et plus de cinq ans après le début du conflit. Les derniers démobilisés étaient également les plus jeunes (classes de 1910 à 1917), et pour le vingtième anniversaire (septembre 1939) de leur retour à la vie civile, ils ont connu une nouvelle mobilisation. Rappelés sous les drapeaux pour une nouvelle guerre contre l’Allemagne, avec certainement pour beaucoup d’entre eux, le sentiment que celle que l’on avait nommée «la der des der» avec le sacrifice d’une partie de leur jeunesse et la mort de tant de leurs camarades, n’avait finalement servi à rien.

Un parcours particulier : Edouard Pochat-Cottilloux

Edouard Pochat-Cottilloux, né le 12 décembre 1896, est l’un des fondateurs de la Résistance dans la Vallée de Thônes durant la seconde guerre mondiale[2]. Il s’est vu attribuer la Médaille de la Résistance en 1946 puis, en 1949, la Croix de guerre 39-45 avec étoile de bronze. Sa citation à l’ordre du régiment le 1er octobre 1949 précise « par son activité, son influence morale et son patriotisme a su conserver, toute sa valeur à l’esprit de résistance de cette vallée. A donné à la Résistance avec son temps toutes les vertus solides des populations savoyardes. Patriote ardent restera comme un modèle de chef résistant ».

Comme tous les hommes de sa génération, Edouard Pochat est un ancien de la guerre de 14. Il est incorporé au 14e Bataillon de Chasseurs à l’âge de 18 ans, le 18 avril 1915. Après 6 mois de formation, il gagne le front le 20 octobre 1915. Il est blessé le 24 août 1917 en Alsace par « graves blessures à la cuisse droite par éclats d’obus et de torpilles à gauche de l’Hartmann, ravin de Lyberbock »[3]. En septembre 1918, il se porte volontaire pour l’expédition de Mourmansk, au nord de la Russie où les Alliés combattent les forces bolcheviques.

E. Pochat, corps exp. 1918 bis
Septembre 1918 – Le corps expéditionnaire franco-britannique à son départ pour Mourmansk. Edouard Pochat-Cottilloux est debout, le premier à gauche

Le 5 mars 1919, il est cité à l’ordre du régiment pour avoir « pris part à l’opération sur Seghedja (Russie du Nord). Après avoir énergiquement supporté une marche de plus de 150 km par plus de 30 degrés de froid, se sont distingués par leur brillante conduite le jour de l’attaque le lendemain ont contribué dans une large part à repousser une forte contre attaque de l’ennemi après un combat de 12 heures. Malgré la fatigue et le froid ont occupé la position pendant huit jours jusqu’à l’ordre de relève ». Il reçoit pour cet acte de bravoure la croix de guerre, étoile de bronze. Sa campagne de Russie se termine le 16 juin 1919 et il peut regagner le Grand-Bornand après sa démobilisation, survenue le 8 octobre 1919.

Jean-Philippe Chesney

Sources et notes
[1] Lieutenant Colonel LOURDEL, Grande Guerre 1914-1918 Historique du 230e R.I, Annecy, p. 34.
[2] La vallée de Thônes et Glières, N° 9-10, Amis du Val de Thônes, p. 33-34.
[3] Archives départementales de Haute-Savoie, 1R 826, registre militaire, classe 1916.


Sur le même thème

Notre article Il y a cent ans éclatait la première guerre mondiale

Saint Maurice et les foires de la Saint-Maurice

Saint Maurice, patron de la Savoie

Entre les années 286 et 302 ap. J.C., alors que les conquêtes romaines se poursuivent, des troupes campent dans la vallée du Rhône entre Martigny (capitale actuelle du Valais, alors appelée Octodurum) et le défilé d’Agaune (étroit défilé où coule le Rhône avant qu’il ne rejoigne le lac Léman). Maximien est à la tête d’une garnison composée de Thébains qui assurait le passage du Summus Poenius (col du Grand saint Bernard) vers la Germanie ou la Gaule. C’est là que se situe le massacre des soldats thébains et de leur chef Maurice. Ceux-ci, chrétiens coptes, refusant de vénérer les dieux romains, furent tous massacrés par décimation. Leurs corps furent enfouis dans une fosse commune.
Ce drame du martyre de saint Maurice et de ses compagnons est à l’origine de l’implantation du monastère d’Agaune qui deviendra l’abbaye Saint-Maurice-d’Agaune ou Saint-Maurice tout court. Il n’existe pas de relation des faits à l’époque de ce massacre. C’est bien plus tard qu’une narration écrite par saint Eucher, évêque de Lyon de 435 à 450, d’après des souvenirs d’Isaac, évêque de Genève, nous retrace l’histoire de cet épisode, récit tardif intitulé : « La passion des martyrs d’Agaune ». En voici quelques éléments pour nous permettre de découvrir le martyre de ces hommes.

Sous le règne de Dioclétien, vers 302, lui et Maximien partent en guerre contre les Bagaudes et les Alamans. Maximien, personnage avare, cruel, fanatique, païen, est à la tête d’une légion de 6600 hommes. Ces soldats, originaires de Thèbes, en Egypte, sont de braves guerriers, fidèles et montrant beaucoup de piété envers Jésus Christ. Maximien veut les contraindre à agir contre leur conscience en sacrifiant aux dieux romains et en persécutant d’autres chrétiens. Maurice et ses hommes refusent en disant : « Nous rendons à Dieu ce qui est à Dieu, à César ce qui est à César ». Maximien, enflammé de colère, décide une première décimation, c’est-à-dire un soldat sur dix est tué. Comme les soldats refusent toujours de vénérer les dieux romains, Maximien ordonne une seconde décimation. Mais Maurice continuait à exhorter ses camarades, disant à Maximien : « Nous sommes tes soldats, mais nous sommes aussi serviteurs de Dieu ». Sans plus de succès, Maximien décide par un seul arrêt de les exécuter tous. Ils périssent sous le glaive, tous les soldats quittant leur armure et présentant leur corps à leurs bourreaux. C’est le récit qu’en fait Eucher ! Même si certains faits sont historiquement exacts, les discours prêtés aux martyrs sont probablement nés de son talent littéraire.
Saint Théodore évêque d’Octodure (369-391) fit construire une basilique en l’honneur des martyrs sur le site d’Agaune.

32119_St-Maurice_-_Mauritiusschrein
Saint Maurice représenté en soldat romain, châsse des enfants de saint Sigismond, trésor de l’abbaye d’Agaune
(By Spurzem at German Wikipedia – Wikimedia Commons)

Dès cette époque on trouve dans de nombreux lieux de culte, l’emblème de saint Maurice, c’est à dire la croix tréflée, croix dont les bras se terminent par trois lobes représentant les feuilles de la plante. Cette croix n’est pas sans rappeler la croix copte. On peut la voir sur les verrières de Hautecombe, sur les ferronneries du portail à Sallanches et à Megève, sur la Croix de Consécration et sur les murs dans les églises de Domancy, Cordon, Saint-Nicolas-de-Véroce, sur les clous de la porte de l’église de Séez et dans bien d’autres endroits.
Le culte voué à saint Maurice s’est répandu dans tout l’Occident. De nombreuses églises, chapelles, sont au vocable de saint Maurice et beaucoup de localités portent le nom de ce martyr. Très souvent Maurice est représenté sous les traits d’un homme de couleur noire, ce qui est tout à fait logique vu son origine. Du fait de la sombre couleur de sa peau, la piété en a fait le patron des teinturiers.

Le 1er évêque du Valais, saint Théodore fit exhumer les corps des martyrs. Une chapelle fut construite avec une nécropole. Ce site se trouve sur un ancien petit temple dédié aux divinités des sources, les nymphes. Sous le maître autel est placée une magnifique châsse contenant les reliques de saint Maurice et ses compagnons. L’endroit supposé du massacre a été appelé « le Champ des Martyrs ». Il est recouvert de gravier rougi, depuis qu’au IVe siècle, saint Martin de Tours est venu prier sur le lieu et que par miracle, une rosée de sang apparut sur le sol. Un peu de rosée a été recueillie dans 4 vases, dont un seul demeure dans le trésor de l’abbaye.
L’empereur Sigismond, après sa conversion, réunit un concile près des tombeaux. La décision de fonder une abbaye fut prise en 515. Construite près d’une falaise, elle fut plusieurs fois endommagée par des chutes de pierres. Le rayonnement de cette abbaye a été très important et le rythme de vie des moines d’Agaune, qui pratiquaient « la louange perpétuelle », a été exporté dans de nombreuses autres abbayes (Saint-Claude, Chalon-sur-Saône, Remiremont…). Dagobert se rend sur le tombeau de saint Maurice en 635. Plus tard, Charlemagne fait don à l’abbaye d’une magnifique aiguière en argent ciselé sur laquelle on retrouve la Croix tréflée et d’un maître autel recouvert d’or. Après le concile de 816 à Aix-la-Chapelle les moines sont remplacés par des chanoines.

abbayeg
Abbaye Saint-Maurice-d’Agaune
(http://www.encyclopedie-universelle.net)

A partir de 888, l’abbaye appartient au Royaume de Bourgogne. En l’an 1000, l’archevêque de Lyon est nommé Abbé de Saint-Maurice. Rodolphe III en 1018, à la demande de sa femme, place la villa royale de Talloires sous le vocable de Saint-Maurice. A partir de là, Talloires va fonder, à Annecy-le-Neuf, une église dont le patron est saint Maurice. A Thônes l’église sera placée sous le même vocable. La scène du massacre des martyrs constituera le thème du tableau central du retable, incluant une représentation de Jupiter, image insolite dans une église, juste au-dessus du maître autel ! Au bas de ce tableau, dans quatre emplacements on trouve successivement, les représentations des armes de saint Maurice. Tous ces éléments symboliques rappellent que tout chrétien est un soldat du Christ ainsi que le prêchait saint Paul.

CroixSM
La croix de saint Maurice

La Maison de Savoie fait de saint Maurice un instrument du pouvoir politique Des groupes de chanoines font sécession et fondent d’autres abbayes : Abondance qui sera présidée par les princes de Faucigny, Entremont, le Prieuré de Poisy… Le Comte Rouge Amédée VII crée Ripaille et y installe des chanoines venus de Saint-Maurice. Son fils Amédée VIII crée l’Ordre des Chevaliers de saint Maurice qui aura un rôle caritatif important (création de l’orphelinat du Bocage à Chambéry par exemple).
Le culte voué à saint Maurice s’est très vite développé en Savoie. Nombre d’églises sont placées sous son vocable : Veyrier, Doussard, Abondance, Pringy, Alby, Bellevaux, Boëge, Serraval… Son culte a dépassé les frontières de notre province puisque des cathédrales sises au-delà sont aussi dédiées à saint Maurice : Vienne, Angers, Mirepoix…. Des villages et villes sont appelés du nom du saint ou lui vouent un culte important, aussi bien en Savoie – Bourg-Saint-Maurice, Saint-Maurice-de-Rumilly – qu’au-delà des frontières – Pignerol dans le Piémont, Lucerne en Suisse (pont historique dédié au saint), Magdebourg en Allemagne, Riga en Lettonie… A Tallin en Estonie, on peut admirer « la maison des têtes noires » où le blason de saint Maurice représente le saint en Maure.

Maurice est un personnage des plus importants pour la Savoie. L’anneau de saint Maurice est l’emblème de la maison de Savoie. Un prestigieux ordre dynastique a été créé en son honneur : l’ordre des saints Maurice et Lazare. Aujourd’hui encore de nombreux hommes se prénomment Maurice et jadis beaucoup de femmes portaient le prénom Maurise ou Maurisaz.

D’après la conférence donnée par Christian Regat aux Amis du Val de Thônes le 02.12.2011

En 2015, sera célébré le 1500e anniversaire de la fondation de l’abbaye de Saint-Maurice. Depuis longtemps déjà on s’affaire aux préparatifs, aux aménagements du site. Ainsi, la salle du trésor sera réorganisée. Pendant les travaux, le trésor fera l’objet d’une exposition temporaire au Louvre, à Paris, en 2014. Cet anniversaire exceptionnel sera présidé par le Pape François. Le premier Pape jésuite saisirait-il cette opportunité pour aller jusqu’à Annecy, ainsi qu’il l’a prévu, sanctifier le premier prêtre de la Compagnie de Jésus, le Bienheureux Pierre Favre ?

Tableau central du retable de Thônes
©Jean-Paul Chavas

Le somptueux retable de l’église de Thônes présente des particularités rares, liées au martyre de saint Maurice. Le tableau central, où tient une grande place l’effigie de Jupiter, permet de dire qu’à Thônes, peut-être cas unique de la chrétienté, on dit la messe devant une idole antique ! D’autre part au plan esthétique ce tableau peint sur un panneau en ronde-bosse montre une tache noirâtre en bas, entre les pieds du cheval et le pied de la stèle de Jupiter. La tradition orale, sans aucune vérification historique ni scientifique, voudrait nous faire croire qu’il s’est agi de masquer les corps décapités des compagnons de Maurice. Cela fut peut-être exécuté lors de la restauration de l’église Thônes après les dommages causés par la Révolution. En 1822, Charles Pedrino, Jean-Baptiste et Charles Delponte, artistes de la Val Sesia, ont conçu un nouveau tabernacle dans l’esprit du XIXe s., c’est-à-dire sans la « gloire » caractéristique du baroque qui cachait auparavant le bas du tableau.

Les foires de la Saint-Maurice

Traditionnellement situées autour du 22 septembre, jour de la célébration du saint, elles ont lieu lorsque les troupeaux descendent des alpages. C’est à ce moment-là qu’on vend des animaux afin de réduire le cheptel à garder durant l’hiver. Le produit des ventes permettait jadis d’acheter le nécessaire pour la famille.

Dans son histoire de Thônes, le chanoine Pochat-Baron nous dit que la foire annuelle de la Saint-Maurice existe « de temps immémorial ». C’est ce que les historiens affirment lorsqu’aucun repère précis ne l’établit. Ce qui est le cas en la circonstance puisque nous ne savons quand exactement a été fondée la paroisse de Thônes au vocable de saint Maurice. On peut supposer que dès les origines – Thônes est cité en 1090 – les abbés de Talloires ont tenu à organiser un lieu d’échanges de marchandises afin d’en obtenir les revenus nécessaires à la vie de la communauté. Et ceci bien avant que le marché de Thônes ne soit créé en 1312. On peut également se demander pourquoi Serraval, aussi au vocable de saint Maurice, n’a jamais eu sa foire… Et se demander aussi pourquoi il existe au Grand-Bornand une foire de la Saint-Maurice depuis le XIXe siècle alors que la paroisse et l’église sont dédiées à Notre-Dame de l’Assomption ?

Le champ de la recherche est ouvert à tous les passionnés du Moyen Âge !

Monique Fillion et Danielle Perrillat-Mercerot

Camille de Cavour : un social-libéral aux racines savoyardes

Les Amis du Val de Thônes proposent une causerie ouverte au public, entrée libre, le vendredi 7 juin 2013 à 20h30, Salle des Fêtes de Thônes :

« Camille de Cavour : un social-libéral aux racines savoyardes »

par Gilles Carrier-Dalbion, Historien, membre de l’Académie florimontane, de l’Académie du Faucigny, de la SSHA, administrateur du château de Thorens. Continuer la lecture de « Camille de Cavour : un social-libéral aux racines savoyardes »

1816, l’année la plus froide des 500 dernières années

« Une année, la neige n’a pas fondu au-delà de 1700 mètres d’altitude ». « Une année, les gens ont vendu du terrain contre quelques pommes de terre ». « Une année, ils ne sont restés que trois semaines en montagne au col des Annes ». Les personnes nées en montagne ont parfois entendu ces phrases de la bouche d’un grand-père. Mais loin d’être légendaire, cette année a bien existé, elle n’est d’ailleurs pas si éloignée. Voilà deux siècles à peine, les hommes ont vécu cette terrible année 1816, celle que les Anglais ont surnommée « the year without a summer » (l’année sans été) et qui a provoqué en Savoie, la dernière famine recensée.

eglise-grand-bornand-640
Parmi les victimes de 1816, l’ancienne église du Grand-Bornand « trop caduque et ayant succombé sous le poids énorme des neiges »

Le curé Jean-François Blanc, natif d’Abondance et prêtre au Grand-Bornand entre 1803 et 1826 a relaté dans ses écrits cette année exceptionnelle qu’il qualifie « de mauvaise saison, une des plus tristes et des plus rigoureuses saisons qu’on ait entendu parler ». L’hiver 1815-1816 a été remarquablement enneigé, si bien que mi-avril témoigne le prêtre « il y avait encore dix pieds de neige (3 mètres) au Chinaillon ». Une neige qui fit une première victime : l’église du village « trop caduque, ayant succombé sous le poids énorme des neiges de la saison ». Le printemps fut tardif, froid et pluvieux. Les intempéries rendirent difficile la construction du nouveau bâtiment qui débuta le 1er juin. « Comme l’ancienne église était trop petite, il a fallu creuser les fondations parmi les cadavres (le cimetière bordait l’ancienne église) dont plusieurs étaient encore tout entiers, un nombre d’autres à demi consumés seulement. Les fondations sont de neuf mètres de profondeur et pendant six semaines, on les vidait. Le lendemain, les fondations et tout le reste des fossés étaient pleins de terre et de cadavres éboulés entremêlés d’eau parce qu’il pleuvait sans relâche » témoigne le révérend Blanc. Les labours ont pu se faire en mai au village, mais à moyenne altitude, la neige n’est pas parvenue à fondre. Le prêtre note que « le 7 juillet on n’a pu monter le bétail dans aucune montagne… et c’est seulement le 1er août que l’on conduisit le bétail à la montagne des Annes ».

montee-alpage-640
En 1816, les troupeaux emmontagnèrent au col des Annes le 1er août seulement.

Les gens de l’époque espéraient certainement que la saison « tournerait ». Et aujourd’hui encore, lorsque la saison est pluvieuse, on dit que l’été viendra après le 20 juin, le 14 juillet ou le 15 août. Mais cette année-là ne ressemblait à aucune autre. « Pendant le printemps et l’été, il n’y a pas eu trois jours de suite de beau temps. En montagne, tous les mois, il en est tombé un pied de fraîche ». Pire, témoigne le prêtre « le 14 août, il tombait une si grande quantité d’eau que lorsque le bétail arriva des pâturages de Samance en passant le pont de Venay, il se noya une génisse que l’eau entraîna jusqu’au Petit Bornand ». Les mois passants, le désarroi des montagnards augmentait. L’automne était consacré à la moisson alors essentielle. Fait remarquable, les blés n’ont pas mûri. « A la Sainte-Croix, reprend le prêtre, les blés n’étaient pas tous en épis. Ils ne le furent qu’à la Saint-Michel. On a commencé à moissonner en octobre à Villeneuve, tout vert et tout mouillé et avec beaucoup de peine à cause du mauvais temps continuel ». Et avec octobre revient le gel et la neige dès la fin du mois. « Le 11 novembre, les blés depuis le dessus du Bois Bercher, de la moitié et plus du Chinaillon, et du tiers du hameau du Bouchet ont été couverts de plus d’un pied de neige. Les blés noirs ont été entièrement gelés. » Le prêtre porte alors ce terrible constat « les pauvres montagnards ont la moitié de ce qu’ils pourraient manger en fait de pain et encore tout gelé. Ils sont obligés de le tirer du four avec un racle par morceaux ». En décembre, les villageois essayent de tirer le fourrage « dessous la neige pour nourrir le bétail, mais il y en est resté » précise le prêtre. Ailleurs, «on moissonna l’avoine en janvier à mesure que la neige les laisse à découvert. La paille a souffert mais le grain est conservé. Du côté d’Entremont, on récolte les pommes de terre en janvier ».

Cette année froide a touché toute l’Europe, provoquant la hausse des denrées alimentaires. Les prix de l’avoine, du blé, du froment, du pain s’envolèrent. « Pendant le mois de septembre, la cherté augmentait tous les jours » raconte le prêtre. Même ceux qui avaient de l’argent, ne parvenaient à trouver les produits. « A cause de la rareté des vivres, on fut obligé d’aller chercher du blé à Cluses. On en a vu certains qui étaient obligés de revenir sans en avoir trouvé à acheter. Ils avaient pourtant de l’argent dans leurs poches, mais au lieu d’apporter du blé, ils revenaient les larmes aux yeux. » Jean-Paul Bergeri, lors de sa communication au XXXIIIème Congrès des Sociétés Savantes de Savoie1, précisait que « de septembre 1816 à avril 1817, soit pendant une période de sept mois, le froment augmente de 70 %, le seigle de 84 % et l’avoine de 94 %. ».

Cette hausse des prix provoqua en Savoie une disette. Jean-François Blanc retranscrit un extrait du journal de Chambéry du 31 janvier 1817 qui précise que « le pays est couvert de pauvres qui ont grand peine à trouver leur vie ». Dans de nombreuses communes, on note en 1817, une surmortalité. C’est le cas à Sallanches, 220 décès au lieu de 120 habituellement. Des morts que l’on retrouvait « des racines dans la bouche » se souvient-on encore. Jean-Paul Bergeri évoque une surmortalité de 67,5 % en 1817 pour l’ensemble de la Tarentaise. Il reprend les propos d’un autre prêtre savoyard, l’abbé Gontharet qui écrivait en 1913 que lors de cette disette « pour satisfaire un peu leur faim, les gens avaient recours à certaines herbes des prés qu’ils pouvaient manger ou réduire en bouillie. Quand ils le pouvaient, ils faisaient leurs délices d’une certaine résine qui coulait sur les sapins ou mélèzes ».

Au Grand-Bornand et à Manigod, rien de comparable. La mortalité demeure dans la moyenne des années antérieures. Quelques explications peuvent être avancées. Composés essentiellement d’agriculteurs –exploitants, la population a été moins exposée à l’explosion des prix. Il était d’usage de garder des réserves d’une année sur l’autre. La migration a pu être plus importante également. Enfin, la vallée a pu être épargnée, des épidémies (essentiellement le typhus) qui ont touché la population savoyarde conjointement à la disette. Tout cela reste encore à analyser.

320px-Caldera_Mt_Tambora_Sumbawa_Indonesia
Vue aérienne du cratère du Tambora, Indonesie
Photo Jialiang Gao

1816 demeure pour les climatologues une année exceptionnelle et un incident climatique majeur. Elle est considérée comme l’année la plus froide des 500 dernières avec un déficit de température estimé à plus de 3 degrés. On  connait  aujourd’hui la  cause  de  cet  incident  : l’éruption  du  Tambora  en  Indonésie  le  10  avril  1815.  La quantité de cendre émise fut telle qu’elle atténua le rayonnement solaire et fut à l’origine de cette terrible année 1816.

Jean-Philippe Chesney

Sources

  • J.P. BERGERI, « 1817, une des dernières grandes crises agricoles de l’Ancien Régime », dans Campagnes, forêts et alpages de Savoie (13e-20e siècle), Actes du XXXIIIe Congrès des Sociétés Savantes de Savoie, Thônes, sept. 1990, p. 163-171.

Sur le même thème