La villa Roche Paradis

ou Les Mésanges

Cette belle maison remarquable, située à Thônes route de Paradis, fut bâtie en 1920 par l’entrepreneur Joseph-Marie Boguet, né à Sillingy et qui était recensé en 1896 comme tailleur de pierres à La-Balme-de-Thuy.
Il venait de terminer en 1913 la construction du Groupe Thurin (école primaire de la Curiaz, à Thônes) et avait aussi réalisé la Villa Sainte Marie, des fromagers Thévenet, rue Jean-Jacques Rousseau à Thônes. Il s’occupera par la suite dès 1933 de l’édification du nouveau Collège St Joseph de Thônes, aux Plans.

La Villa Roche dans les années 1920

M. Boguet a eu l’idée de se construire un hôtel avec toutes les commodités, dont un chauffage central à air. Un majestueux escalier central donnait accès aux chambres des 3 niveaux. On y trouvait aussi un garage indépendant et le magnifique parc de 3000 m2 avec de grands arbres. Plus tard, des lucarnes furent installées sur le toit.

Son épouse Marie Marand, institutrice, avait le projet de s’en occuper en famille. Mais leur fils deviendra douanier en Alsace, et leur fille et son époux M. Quelloz, ingénieur électricien originaire de Suisse, habiteront Argenteuil (78). La fille de ces derniers, épouse Djamdjan, restant propriétaire des murs, mit cette villa en gérance.

La Villa Roche, façade sud (photo P. Saliger-Hudry)

En 1943 le comte François de Menthon (résistant) étant appelé à Londres, son épouse et ses enfants habitèrent temporairement cette villa, accueillant sur place un chauffeur personnel pendant cette période.

Vers les années 50, Monsieur et Madame Bocquin venus de Rumilly, y tiendront un « home d’enfants » qui s’appellera désormais « les Mésanges ». Leurs deux filles seront connues, sous de gentils surnoms comme Youyou (Yvette), qui s’occupera de l’enseignement, pendant que sa sœur Monette (Monique) s’affairera aux cuisines. On se souvient qu’elles sont restées célibataires, avec néanmoins quelques amoureux plus ou moins éconduits.

Le home d’enfants puis gîte « Les Mésanges », façade nord (photo P. Saliger-Hudry)

Dans les années 70 on évoque d’autres gérants : Mesdames Monsouki, Porte et Carlevant ensemble ; puis la société Oxygène venue de St-Jean-de-Sixt, avec un aménagement du garage adjacent en appartement vers 2008.

Plus récemment à partir de 2012, M. et Mme Laforce, qui adhèrent aux Gites de France ; eux même logeant dans l’appartement indépendant (ancien garage). Ils sont remplacés par le couple Glass depuis avril 2025.

La Villa Roche, façade est (photo P. Saliger-Hudry)

Philippe Saliger-Hudry, avec des témoignages de Mme Marie-Jo Dufournet, de Mme D’Odorico et de Mme Laforce.

La villa des tilleuls

Cette maison, bâtie vers 1840 au sommet de la rue de la Saulne à Thônes par Claude Barthélémy ANDRÉ, eut plusieurs destins différents, tout en restant proprement dit, une villa d’habitation.

Claude Barthélémy André né en 1803, (fils de Jean Maurice et Françoise Thérèse Gaÿ) avait créé une filature de tulles et coton, dans cette même rue, seul puis en partenariat avec un Duport d’Annecy. Un incendie au sein de ses ateliers vers 1853 amena la faillite de son entreprise.
Une vente est réalisée en 1855, depuis Paris, pour 15 300 £, au profit de François AGNELLET, qui avait racheté en 1860 la filature et broderie sur tulle de BALLY. Ce dernier est un membre de la famille des Agnellet confectionneurs de chapeaux de paille et feutre et négociants et fabricants de tissus et parures de luxe, actifs sur Paris et Tronchine.
En 1879, François revend ce bien à son frère Parfait, co-dirigeant de la même entreprise, pour 8000 fr dont 1 ha de terre jusqu’au Fier.

La famille Agnellet se sépare de cette propriété en 1908, au profit de Christin REY revenant de New-York, pour 8 000 fr. Il ne la gardera que 3 ans, son épouse américaine ne s’y plaisant pas. Christin Rey, né à Bellossier en 1852, était le cousin germain de Jacques, qui créa l’Hôtel du Commerce rue des Clefs et dont le fils Amédée, boucher, essuya une faillite en 1925.

En 1913, Joseph MERMILLOD-ANSELME, directeur de la jeune « coopérative agricole de la Vallée de Thônes », située rue Blanche, trouve ici le meilleur emplacement pour élargir son activité ; il souhaite y adjoindre un abattoir. La faillite de la COOP en 1925 oblige à la revente.

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Le manoir de Tronchine, dite maison Beguin, autrefois Villa des Sources

Ancienne maison de campagne des notaires Trombert, obtenue à vil prix pendant la révolution, par le fameux Jacques Antoine Girod (1758-1832) très révolutionnaire (frère du Maire de la Nouvelle Orléans élu en 1812 et 1814). Ce sinistre personnage avait déjà acquis les moulins de Tronchine de l’autre coté de la route. Il y fit certainement des aménagements, peut-être même un agrandissement qui lui donna la forme qu’on connaît de nos jours. Elle fut revendue vers 1833 à Atrux (Granti) Pierre (ca 1789 – 1868), c’est son fils marchand de farines à Paris qui la baptisa « la Villa des Sources ». La veuve de son petit-fils Hyacinthe qui habitait Paris la revend en 1920 à Paul Beguin. C’était un industriel en métallerie en région parisienne (né en 1876 à Chauny 02), et était vacancier depuis plusieurs années à l’Hôtel du Fier de Thônes ; il en fit sa résidence secondaire. Les Beguin, sans lien avec la région, malgré une homonymie, la possèdent toujours, en indivision entre plusieurs petits enfants, et reste un pied-à-terre d’été. On rappelle que Monsieur Atrux avait prêté ce bâtiment en 1860/61 pour accueillir les élèves du Collège de Thônes pendant des travaux au sommet de la rue des Clefs.

Les trois châteaux des Clefs-sur-Thônes

Contrairement à Saint-Paul-Trois-Châteaux, commune du sud de la Drome, le chef-lieu des Clefs avait vraiment 3 châteaux. Le site drômois n’a de 3 châteaux que le nom, venu d’une erreur de traduction du mot latin Tricastin, homonyme de l’appellation de la tribu gauloise locale.

Aux Clefs on évoque volontiers ses deux châteaux, celui des nobles « des Clets » et l’autre au comte de Genève. Mais un troisième, en fait « une maison forte » était insérée entre les 2 premiers. Le château initial, était juché sur un « char » rocheux et herbeux, faisant promontoire. Ce site est au confluent du Fier rivière impétueuse venant de Manigod et du torrent du Chamfrey issu du vallon des Clefs. Juste en dessous, enjambant le Fier un pont à péage permettait d’accéder à cette forteresse de presque l’an mil.

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Thônes et ses arcades au XXe siècle

Les arcades sont apparues après l’incendies de 1453. Depuis, les 24 arches, d’une longueur de 120 mètres, constituent un marqueur fort de l’identité thônaine.

Cependant, elles ont souvent été aménagées, modifiées. Les arcades les plus anciennes sont les plus basses, les plus récentes sont souvent assez hautes.

Commerces et marchés, jeux d’enfants et promenades, équipement urbain comme les fontaines et l’éclairage… Elles sont le témoin des mutations d’un bourg très vivant.

Petit tour d’horizon avec des vues du XXe siècle…

ILLUSTRATIONS : Collection AVT – Sélection par J. D’Odorico.

Histoire de « L’AUBERGE FLEURIE » à Thônes

Cette grande bâtisse jaune clair, située au milieu de la rue de la Saulne, est d’un style altier, genre « art déco primitif », avec un puits de lumière éclairant un magnifique escalier intérieur en bois desservant les 2 étages et les combles. Il y a de grandes hauteurs sous plafond, les pièces sont éclairées par de nombreuses fenêtres hautes et plein cintre, agrémentées de vitrages polychromes en leur partie sommitale. Un grand parc en agrémente les abords. Elle eut de nombreuses affectations et dénominations : Villa Agnellet, Hôtel de la Paix, Auberge Fleurie, École Maternelle et enfin Maison pour quelques associations et le Secours Populaire dans la cour. Cet article vous propose un retour sur les différentes époques de son histoire…

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